Traiter le noyau de la galaxie : comprimer la gamme dynamique avec HDRMT
Le tracas le plus courant lorsqu’on photographie des galaxies, c’est que le noyau est trop lumineux. Dans la grande majorité des galaxies, la luminosité du centre est bien supérieure à celle de la périphérie ; et même si les capteurs modernes savent capter les deux à la fois (sans surexposer), restituer simultanément une gamme dynamique aussi vaste sur un seul écran donne du fil à retordre à bien des gens. En prenant M31 comme exemple, cet article explique comment utiliser la HDRMultiscaleTransform (HDRMT) de PixInsight pour comprimer la gamme dynamique.
Le problème : le noyau est trop lumineux et dévore les détails
Sur la plupart des images de galaxies que l’on trouve sur Internet, le centre est si lumineux qu’il « dévore de lumière » tous les détails alentour — le noyau est une tache d’un blanc mort, et l’on ne voit pas la structure de poussières environnante. Ce n’est pas une question de mauvaise prise de vue, mais du fait que la gamme dynamique est trop étendue et n’a pas été comprimée comme il faut.
Ce que fait HDRMT
Voici une comparaison de l’emploi du HDRMT de PixInsight pour comprimer la gamme dynamique. L’image de gauche est le canal de luminance original de M31, exactement à quoi ressemble la plupart des images sur Internet : centre trop lumineux, détails noyés par les hautes lumières. L’image de droite est M31 après compression par HDRMT — on voit que le noyau lumineux n’est plus aussi éblouissant, si bien que les détails de poussières et les étoiles proches du noyau deviennent tous plus nets.

Les avantages de HDRMT
HDRMT possède un avantage très important : bien qu’il comprime les hautes lumières, il ne rend pas plus sombres qu’à l’origine les zones censées être sombres. Autrement dit, le noyau de la galaxie demeure « toujours le plus lumineux » par rapport à sa périphérie, simplement il n’est plus éblouissant : vous pouvez ainsi voir les détails clairement sans que la logique des clairs et des sombres de l’image soit détruite. C’est précisément ce qui fait paraître le résultat naturel, sans la fausse note d’une « compression excessive ».
L’inconvénient et l’usage conjoint d’un masque
Bien sûr, HDRMT a aussi son prix : il peut affecter les étoiles et d’autres parties de l’image. C’est pourquoi l’associer avec mesure à un masque d’étoiles ou à un masque de plage pour limiter la zone sur laquelle il agit est une technique de traitement très répandue.
Dans l’exemple de M31 de cette fois-ci, je n’ai pas utilisé de masque — car M31 compte relativement peu d’étoiles brillantes au premier plan, et les effets secondaires d’une application directe ne sont pas flagrants. Mais si votre cible est entourée d’un bon nombre d’étoiles brillantes, je vous conseille d’ajouter un masque de protection pour éviter que les étoiles ne soient touchées.
En résumé
Une fois le noyau traité, M31 ressemble nettement moins aux travaux de débutant que l’on voit couramment sur Internet. La compression du noyau de la galaxie est une étape clé du traitement avancé — retenez la particularité de HDRMT, « comprimer les hautes lumières sans en faire trop », associez-la à un masque selon les cas, et vous pourrez préserver à la fois les détails du noyau et l’étagement des clairs et des sombres de l’ensemble.