Idées reçues courantes sur les algorithmes de réjection des pixels lors de l'intégration
Quel algorithme de réjection (rejection) faut-il utiliser lors de l’intégration ? Une règle empirique circule sur Internet — « choisir sa méthode de réjection selon le nombre de poses » — et beaucoup de tutoriels la recopient telle quelle. Mais cette règle recèle en réalité pas mal d’idées reçues, et cet article expose mon point de vue.
La règle empirique courante
Les « rules of thumb » qui circulent sur Internet sont à peu près les suivantes :
- Si vous avez moins de 15–20 poses, utilisez la median integration et ne faites pas de sigma clipping.
- Si vous avez plus de 15–20 poses mais moins de 40–50, utilisez la average integration avec outlier rejection, kappa réglé à 2.5 et 2 itérations.
- Si vous avez plus de 40–50 poses, utilisez la average integration avec outlier rejection, kappa réglé à 3 (ou plus) et seulement 1 itération.
Mon point de vue
Ce savoir consistant à « choisir la méthode de réjection selon le nombre de poses » est en réalité déjà un peu dépassé, et les problèmes sont les suivants :
- Vérifier d’abord la qualité des images, voilà la vraie réponse. Si la qualité n’est pas maîtrisée, quelle que soit la méthode de réjection choisie, c’est peine perdue.
- Chaque algorithme de réjection a ses propres avantages et inconvénients, si bien que juger uniquement d’après le nombre de poses n’est pas fiable.
- Si l’on choisit la méthode de réjection selon le nombre de poses, que fait-on quand les poses sont très peu nombreuses ? Le cadre lui-même est incapable de couvrir tous les cas de figure.
Quelques compléments
- Ces règles ci-dessus, je « ne recommande pas » de les adopter en bloc (la source d’origine est un passage pertinent du forum d’APP) ; bon nombre de leurs réglages de paramètres sont en réalité problématiques.
- Le Reject kappa se divise en high et low ; sauf besoin particulier, je ne règle pas les deux sur la même valeur.
- Personnellement, je n’ai jamais utilisé l’intégration par médiane (median), car mes images ont toutes déjà été contrôlées en qualité au préalable.
En résumé : plutôt que de se tracasser sur « combien de poses vont avec quelle méthode de réjection », mieux vaut d’abord bien assurer le contrôle de la qualité des images, comprendre les caractéristiques et les cas d’usage propres à chaque méthode de réjection, puis ajuster en fonction de ses données réelles.