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L'IA remplacera-t-elle les avocats et les conseils en brevets ? Le point de vue d'Aaron Levie, PDG de Box

IA2026.04

J’ai récemment regardé un entretien dans lequel Aaron Levie, PDG de Box, a formulé sur les secteurs du droit et des brevets des vues plutôt pénétrantes. Ce qui suit est ma synthèse et ma reformulation de cet entretien ; les vues appartiennent à Levie, et je les partage ici avec tous.

1. Plus il y a de contenus, plus les avocats sont occupés

Générer des contenus juridiques est devenu facile, et les clients se serviront de l’IA pour produire de grandes quantités de réponses et de contrats. Quand tout le monde se croit avocat, la demande de « révision » de tous ces contenus, loin de diminuer, explose. Levie en déduit donc que, dans les cinq prochaines années, le nombre d’avocats, au lieu de baisser, augmentera.

2. Le dépôt de brevets et le système judiciaire demeurent des « goulots d’étranglement »

L’IA a accéléré la rédaction, mais les critères pour déposer une demande de brevet et franchir l’examen des tribunaux ne sont pas devenus plus simples pour autant. Ces procédures, qui exigent un jugement professionnel et une conformité institutionnelle, seront difficiles à automatiser à court terme.

3. Ce que vous achetez, ce n’est pas la technique, mais la « reddition de comptes »

Pourquoi dépenser de l’argent pour engager un avocat ? Non pas seulement pour faire rédiger un NDA à quelqu’un, mais pour que, lorsqu’un problème survient, il y ait une personne à même d’en répondre. Vous ne pouvez pas demander de comptes à Anthropic ni à OpenAI, mais un avocat, lui, a une Liability — cette responsabilité et cette obligation sur le plan juridique.

4. Le nouveau poste clé : Agent Operator

Levie estime que les futures équipes juridiques auront besoin d’une sorte de rôle d’« Agent Operator ». Ces personnes comprennent le MCP et savent reconcevoir le flux de travail (Workflow) ; elles ne possèdent pas nécessairement la qualification d’avocat, et pourtant elles sont capables de faire collaborer à la perfection le service juridique et les AI Agent.

Conclusion : l’IA n’a pas retiré l’humain, elle n’a fait que changer notre position

De tout l’entretien, la phrase avec laquelle j’ai le plus vibré est celle-ci : l’IA n’a pas retiré l’humain du processus, elle n’a fait que changer notre position au sein du flux de travail — de l’« exécution manuelle du processus » vers la « révision et la reddition de comptes ».

Rapportée à mes propres observations dans ce métier des brevets, cette conclusion se révèle, à vrai dire, tout à fait juste.